L’interview qui prend soin de vos aînés pour Noël

Après une carrière marquée par le Marketing digital, d’abord chez Veepee puis chez KFC, Céline se lance dans l’entreprenariat et porte son projet Mamie-Boom, le trait d’union des générations.

Le mot du Coach

4.8 millions.

C’est le nombre de français qui auront plus de 85 ans d’ici 2050, dont 2.2 millions seront en perte d’autonomie (source : solidarités.gouv). Le marché du grand âge est en pleine expansion au sein de la silver économie (économie qui porte sur le marché des seniors et des personnes âgées). Encore plus intéressant de se rendre compte que 60% des intéressés vivent chez eux et non dans des centres spécialisés type EHPAD et 85% des Français déclarent vouloir vieillir à domicile.

Les chiffres deviennent encore plus vertigineux lorsque l’on regarde : Près de 6 millions de Français, à date, apportent un soutien à un proche âgé en perte d’autonomie.

Ce soutien, c’est tout d’abord de nombreuses difficultés administratives, logistiques et psychologiques auxquelles sont confrontées ces familles qui doivent jongler entre vie de famille, dépenses supplémentaires et difficultés psychologiques de voir quelqu’un vieillir.

L’État est présent, au travers d’aides et de réductions d’impôts, mais c’est la Société elle-même qui doit se structurer autour de ce problème, qui n’est pas spécifique à la France, mais aux “vieilles puissances” qui ont beaucoup protégé les générations d’après-guerre et ont structurés leurs sociétés autour d’une “autonomisation” des différents âges en les rendant indépendants.

Discuter, aider, supporter, revaloriser : C’est l’engagement sans faille de Céline, qui nous a convaincu et ému. Développer une startup basée sur la création d’une relation de confiance, de soutien avec des personnes âgées et finalement de création d’un lien intergénérationnel fort, c’est ça, Mamie Boom et c’est la bonne surprise du mercato !

Entretien avec Céline ;

Jeune femme de 31 ans, fondatrice de Mamie-Boom et ancienne d’EMLYON, elle a accepté de se prêter au jeu de l’interview de Noël.

Qu’est ce qui vous a motivé à lancer un projet en ces temps compliqués ?

Le début officiel de Mamie-Boom date de début janvier, quelques mois seulement avant le premier confinement.

Mais Mamie-Boom, c’est un projet de cœur que j’ai depuis une dizaine d’années, lorsque je passais les oraux d’école de commerce. À la question de ce que je voulais faire plus tard, je répondais aider les personnes âgées à réaliser leurs rêves.

Pourquoi ? Parce que ma grand-mère de qui j’étais très proche, avait un rêve insolite : faire un baptême en hélicoptère, mais elle ne s’est pas donné les moyens de le réaliser, pensant qu’elle était trop âgée pour avoir encore le droit de rêver. Et sa réponse m’a attristée, elle va de pair avec ce que je constatais : à partir d’un certain âge, trop de personnes âgées s’oublient en tant qu’individu et sont dans l’attente d’un coup de fil, d’une visite d’un proche. Alors pour les aider à réaliser leurs rêves, ça commence par les faire sortir de chez elles, sortir de l’isolement, reconnecter avec la société et c’est là qu’intervient Mamie-Boom.

Petite anecdote d’ailleurs, la société s’appelle Silver Dreams.

Dites-nous en plus sur votre projet

Mamie-Boom a pour vocation de reconnecter les générations. C’est une plateforme de mise en relation intergénérationnelle.

Elle propose aux personnes âgées, que l’on appelle les Super Boomeurs, un réseau d’étudiants de confiance, les Gentils Accompagnateurs, pour les accompagner dans leurs sorties et loisirs du quotidien.

Elle offre une solution innovante aux familles qui habitent souvent loin, 270 km en moyenne, et cherchent à distance comment offrir un peu de compagnie et de stimulation (intellectuelle et physique) à leurs proches âgés. Les 3 types de services qui ont le plus de succès : les visites à domicile ou en EHPAD, les accompagnements aux sorties et l’aide informatique.

Aujourd’hui, Mamie-Boom est une communauté de plus de 700 Gentils Accompagnateurs dans toute la France.

Quel est votre sentiment ainsi que le retour de vos clients actuellement ?

Le confinement et la crise sanitaire ont mis en lumière l’importance du lien social. L’isolement des personnes âgées est l’un des défis de notre société et il y a une réelle prise de conscience collective. On assiste également à un élan de solidarité de la part des Français : pendant le confinement, j’ai créé une chaîne de solidarité ‘N’oublions pas nos aînés confinés’ avec 2 services gratuits : du portage de courses et des appels de convivialité. Résultat : plus de 3000 bénévoles se sont inscrits depuis mars.

Parmi nos clients, la grande majorité a souhaité continuer les accompagnements en présentiel pendant ce second confinement, car les bienfaits sont trop importants pour la santé physique et mentale des personnes âgées.

À l’inverse, on l’a vu, le premier confinement a causé des dégâts pour les personnes qui ne sont pas sorties du tout, n’ont pas marché et qui ont eu du mal à retrouver leur équilibre au moment de ressortir. Sans parler de l’impact sur le moral de n’avoir eu aucun autre lien social que celui du téléphone.

En redoublant de précautions pour respecter les mesures sanitaires, nos étudiants ont donc pu continuer leurs visites, ravis de leurs échanges. Car les étudiants sont eux aussi victimes du confinement : plus de vie sociale, plus de job étudiant pour les aider à financer leurs études…

Quel rôle a joué la technologie dans votre lancement ?

J’utilise la technologie pour œuvrer à la construction d’une société meilleure. Elle permet de créer du lien dans la vie de nos aînés et de réunir deux générations que tout oppose et qui ont pourtant tant à s’apporter mutuellement. Et pour les familles qui vivent loin, pas facile de trouver la perle rare pour rendre visite à leur proche âgé.

La technologie permet ici de faire se rencontrer 2 besoins : celui des personnes âgées d’un côté, qui peuvent parfois ressentir de la solitude, de l’ennui, de la lassitude de ‘ne voir que des vieux’ comme me disait l’une de nos clientes et celui des plus jeunes générations, les étudiants, qui ont envie d’échanger, d’écouter les histoires de vie des personnes âgées, apprendre à leurs côtés, tout en arrondissant leurs fins de mois.

Comment ?

Avec des critères comme la localisation, les disponibilités et les centres d’intérêts. Car la particularité de Mamie-Boom est de faire matcher les profils en fonction de centres d’intérêts communs, pour favoriser l’échange et la transmission intergénérationnelle au sein de nos binômes. Nous avons par exemple Marie, 90 ans, une ancienne hôtesse de l’air et Pauline, 25 ans : toutes les 2 sont passionnées de sport et de voyages. It’s a Match ! À terme, la technologie va évoluer et utilisera un algorithme plus poussé, faisant appel à l’intelligence artificielle, pour faire matcher les 2 cibles et créer du lien de qualité.

On vient d’ailleurs d’apprendre la bonne nouvelle : on a l’immense fierté d’être lauréat du French Tech Tremplin et d’intégrer la promo 2021.

Quelles tendances de marché observez-vous depuis le début de la pandémie ?

Beaucoup de start-up se sont lancées dans la silver économie, pensant qu’avec le vieillissement de la population, ce marché serait un vrai eldorado. La réalité est différente : la difficulté (et certainement la clé du succès) est l’acquisition client, surtout une cible senior. Il faut alors trouver les bons partenaires pour faire savoir aux personnes âgées et à leurs proches que notre service existe, complémentaire aux services d’aide à domicile et basé sur le lien intergénérationnel pour apporter une aide moins stigmatisante et plus dynamisante car la personne âgée est active, elle transmet, enseigne.

Nous ne faisons pas “à la place de” mais “avec” la personne.

Quel conseil pourriez-vous donner à ceux qui ont besoin de se réinventer à cause de la crise ?

Je ne peux que les encourager à transformer la crise en opportunité, celle de pouvoir créer un monde meilleur.

Pour ma part, c’est celui d’une société plus inclusive envers les générations du grand âge, qui ont tant à nous transmettre. Je conseille aussi de faire des choses avec son cœur, et de s’autoriser des opérations qui n’ont aucune vocation financière mais ont un impact positif. On a notre rôle à jouer en tant qu’entrepreneurs !

L’aspect positif de cette crise est qu’elle a permis à Mamie-Boom à la fois d’éclore et de se teinter d’une identité plus solidaire. Grâce à la chaîne de solidarité créée pendant le confinement -qui partait de l’envie de me rendre utile à titre personnel-, Mamie-Boom a acquis un début de notoriété avec une douzaine de retombées médiatiques dont 6 TV. Cette expérience avec le bénévolat, qui rend assez floues les frontières entre l’association et l’entreprise (de l’ESS), a marqué l’ADN de Mamie-Boom. Actuellement par exemple, on lance une opération ‘Fêtes solidaires’ pour envoyer des cartes de vœux aux personnes âgées, qui ont été particulièrement isolées cette année, avec notre partenaire Fizzer qui nous offre l’envoi de 1000 cartes de vœux. Alors… à vos plumes !

Pour participer, RDV sous ce lien.

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Lee H
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Sales & Operations Expert
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